Quentin Tarantino

Publié le par £ee£oo

Cela me paraissait difficile de ne pas parler de Quentin Tarantino. Que l'on n'aime ou pas, c'est un réalisateur qui laisse rarement indifférent. Je suis plutôt fan de ses films, assez partagée sur la personnalité du réalisateur.




Cinéphile depuis toujours, il tourne son 1er court métrage, qui s'avéra être un long métrage, My best friend's birthday, avec un ami. A l'époque, étant déjà un grand connaisseur du cinéma, il fût embauché dans un vidéo club et réalisa ce film les week ends, qu'ils mettront 3 ans à le finir. Quentin Tarantino dit d'ailleurs que monter un 1er long métrage, à partir de rien est la meilleure école possible. Selon lui, les écoles de cinéma en tout genre n'apportent pas grand chose. Il pense également que le meilleur moyen de devenir réalisateur, c'est d'abord de se former en tant qu'acteur (il l'a été pendant 6 ans), pour ainsi savoir placer les comédiens, pouvoir se mettre à leur place. Il fait toujours quelques apparition dans divers films, créditées ou non au générique d'ailleurs.

Après avoir vendu des scénarios (dont celui du moyen True Romance de Tony Scott, 1993, et de l'excellent Tueurs Nés d'Oliver Stone, 1994), il se lance dans le projet de Reservoir Dogs en 1992. Grâce à des contacts, il parvient à envoyer le script à Harvey Keitel (qui était déjà une star à l'époque, ayant notammen tourné avec le maître de Tarantino, Brian DePalma). Emballé, il accepte de jouer dans le film pour 3 fois rien, et pas gratuitement non plus comme j'ai pu lire sur le net. Avoir le nom d'Harvey Keitel a aidé Tarantino a financer son film (entre autres car Keitel est co-producteur du film), pour 1 milion de $. Il a pu le présenter entre autres au festival de Sundance (voir mon article ci-dessous), et au festival de Cannes, en hors compétition. Le film ne passe pas inaperçu, et on reconnaît un style particulier à Tarantino.
La suite, vous la connaissez, en engageant des acteurs un peu has been à l'époque pour Pulp Fiction, comme John Travolta (qui peinait dans les
Allô maman ici bébé (1994) ...), et en créant sa société de production A Band Apart, le film gagne la palme d'or au festival de Cannes.

Voici la fameuse vidéo, où le réalisateur ne se prive pas de faire un doigt à une charmante dame qui a pensé que le siffler ne serait pas impoli.





Propulsé sur le devant de la scène et déclaré génie en 2 films, Tarantino devient une star à part entière, un cinéma stylé. En effet, Reservoir Dogs récolte pas moins de 7 récompenses dont le grand prix du jury au festival de Sundance. Ce n'est rien comparé à Pulp Fiction, qui ramasse 26 récompenses à travers le monde! Kill Bill volume 1&2 (2003,2004) gagneront 23 récompenses à eux deux.
Il se lia avec le réalisateur Robert Rodriguez à l'époque de Desperado réalisé par ce dernier (1995), où Tarantino tient un petit rôle. Par la suite, il jouera aux côtés de George Clooney dans Une Nuit en Enfer (1996), toujours de Rodriguez. Ils décideront de faire un long métrage ensemble, le projet dit Grindhouse, qui sera en fait deux films distincts outre Atlantique: Boulevard de la mort par Tarantino et Planète Terreur par Rodriguez en 2007.
Il est amusant de noter que Quentin Tarantino a réalisé lépisode 25 de la 1ère saison de la série Urgences en 1994, et le double épisode final de la saison 5 des Experts, en 2004.
Bémol: la même année, président du jury au festival de Cannes, il remet la palme d'or au très passable Farenheit 9/11 de Mickaël Moore. En 2007, Tarantino participera d'ailleurs à Michaël Moore, polémique système (qui m'a l'air peu intéressant également).

Les caractéristiques des films de Quentin Tarantino on les connaît tous, tellement la presse et les media, le public le rabâchent: les dialogues, la musique (qu'il pioche d'ailleurs dans ses disques, car il ne fait jamais appel à des compositeurs), l'action. Et il est vrai qu'il a une manière assez géniale d'écrire les dialogues (ceux d'Inglorious Basterds, 2009, ne sont pas les meilleurs). Mélange d'ironie, de comédie, sur fond d'histoires d'arnaques et de mafieux, ça décape assez dur. Les scènes d'actions sont souvent très réussies. Parfois précédées d'un dialogue, l'action arrive rapidement, et nous captive (les nanas qui se font déchiqueter dans la voiture de Boulevard de la Mort, la fusillade dans le bar dans Inglorious Basterds, le combat dans Kill Bill entre Uma Thurman et VIvica Fox...). Chorégraphiées, appuyées par un montage de son et de musique efficace, ces scènes sont jouissives. C'est d'ailleurs lors de ces moments, que Quentin Tarantino considère que le public est vraiment concerné, car il entre dans l'action. Le tout, avec toujours un aspect comique.Il le dit lui même, Tarantino essaye de créer un nouveau genre de comédie.
Il est également producteur (de notamment des moyens Hostel 1&2, d'Eli Roth, 2006 et 2007).

C'est plutôt agréable de voir que pour une fois, partout dans le monde, et même en France, le réalisateur de ce genre de film est reconnu pour ses talents, qu'on aime ou pas. Il est acclamé comme un dieu du cinéma, et tous les acteurs et surtout actrices (Tarantino est un grand admirateur des femmes et fétichiste des pieds) veulent tourner avec lui.
L'ennui, c'est que cela devient gonflant de voir tous ces gens le vénérer. Je ne dis pas qu'il ne le mérite pas, mais parfois, ils en font trop, et ce n'est plus intéressant d'écouter finalement. On n'apprend rien, on voit juste les animateurs, journalistes, acteurs, lui cirer les bottes.

Son passage au grand journal pendant le dernier festival de Cannes est assez représentatif:



Déjanté, cool, ne se prenant pas au sérieux, cela reste un personnage plutôt agréable, mais on sent qu'il est conscient qu'on l'adule partout où il va.
L'autre point qui a tendance à m'énerver, ce sont les gens qui se croient tout à coup expert en cinéma de Tarantino. Cela a été le cas par exemple lorsque je suis allée voir Inglourious Basterds, lors d'une scène où l'on voit nettement un scalp se faire. Un des spectateur proche de moi disait en train de rire exagérèment "ahah! ouais! c'est du Tarantino ça!". Hum, non je ne vois pas en quoi c'est spécialement du Tarantino , mais pourquoi pas.

Je ne parlerais pas de la soi-disant violence graphique de ses films, car pour moi elle n'est pas notable, je n'ai pas compris comment une spectatrice a pu s'évanouir devant Pulp Fiction, pendant le festival de Cannes. Violent, je veux bien, mais bon il faut peut être pas pousser.

Globalement j'aime beaucoup ses films (je suis pas hyper fan des Kill Bill non plus) mais en tout cas, Tarantino a eu le mérite de me faire aimer les films plus ou moins mafioso et il me reste à voir Jackie Brown (1997).

Ses prochains projets sont Kill Bill volume 3&4 et un préquel à Inglorious Basterds si celui ci marchait (démarche qui me gène un peu, pour moi un cinéaste est sensé réalisé des films qu'il aime faire, public ou pas), et comme c'est le cas (presque 2 millions d'entrées en à peine un mois de sortie), je pense qu'on peut s'y attendre.

Publié dans Vie du cinéma

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