La pub au cinéma

Publié le par £ee£oo

Depuis quelques années, les marques se font de la place (grâce aussi aux équipes de films aussi) au cinéma. Au départ, c'était une façon pour les annonceurs de s'imposer plus ou moins discrètement, maintenant il se fait des partenariats sans complexe entre les réalisateurs, producteurs et les marques. Tout le monde y gagne.

La plupart du temps et pendant longtemps, les marques ont été rapidement évoquées dans les films. Là où certains crieraient déjà au scandale, c'est quelque chose qui ne me choque pas. Après tout les marques font partie de notre vie, qui dit au quotidien "un verre de cola?"? Personne. Le fait que des personnages parlent naturellement (c'est-à-dire sans vanter ouvertement les mérites d'un produit), de tel ou tel produit, permet au spectateur de plus facilement s'identifier à la situation, voire au personnage. Maintenant quand une ou deux marques uniquement, sont omniprésentes durant un film, là c'est quand même pénible. J'ai sélectionné quelques exemples mais il y en a beaucoup.





Je prendrais pour commencer l'exemple de WALL-E d' Andrew Stanton (2008). Le personnage d'Eve a été crée, en parti, par Jonathan Ive, qui a réalisé aussi le design...du i pod. A noter aussi, que Steve Jobs, créateur d'Apple a participé à la fondation de Pixar en 1986. Dans le film, on voit furtivement un i pod, que WALL-E a conservé. Quand il recharge sa batterie et qu'elle est pleine, on entend le petit accueil sonore présent sur les macs. Je trouve que ca reste assez discret tout de même (surtout que vu les liens, ils auraient pû en faire plus). Si on ne connaît pas bien l'environnement mac, ça n'est pas quelque chose qui saute aux yeux.




Le 5e élément de Luc Besson (1997), contient une allusion explicite d'une marque connue (malheureusement) de tous: MacDo. Le contexte du film étant le futur, on découvre une image de MacDo un peu revisitée. Dans la scène en question, des flics viennent commander en "drive", détail pas forcément utile mais bon c'est plutôt rigolo à regarder. A vrai dire, on se demande si cela aide vraiment l'image de MacDo: accent sur la bouffe rapide pas vraiment gastronomique, hôtesse déguisée et parlant de façon ridicule.




Yes Man de Peyton Reed réalisé en 2009, fait lui la promo de Red Bull. Des amis du personnage de Jim Carrey lui propose de faire la fête toute la nuit, en lui disant au téléphone qu'ils vont boire..du Red Bull bien sûr! Ils reviennent le lendemain et des canettes tombent de la voiture. Jim Carrey répète ensuite sans cesse qu'il a bu du Red Bull, qu'il va tenir toute la journée, qu'il veut bien reboire du Red Bull ensuite...Donc là, ca en devient énervant, car même si le personnage s'écroule peu de temps après, on a bien compris ce qu'il avait bu, que ça lui avait fait tenir toute la nuit....Et puis, c'est l'occasion de voir Jim Carrey faire ses expressions d'énervé et de dingue.





Passons au film qui est une publicité continue pour FedEX: Seul au monde de Robert Zemeckis (2001). Le personnage joué par Tom Hanks travaille pour cette compagnie et pendant le début du film on ne voit que des camions, avions, boîtes avec le nom de l'entreprise. Même si son île déserte, Tom Hanks arrive à retrouver des boîtes à l'effigie de la société. Là aussi c'est vraiment vraiment trop, d'autant plus que la marque est présente quasi tout le film, avec des allusions du style "on va vite". Assez navrant je dois dire.





Parfois, certaines scènes deviennent carrément un morceau de publicité sans complexe. La scène dans James Bond (Casino Royale de Martin Campbell de 2006), où Eva Green demande à l'agent secret si sa montre est une Rolex et qu'il répond "non, une Omega" est quand même gonflée. Vu que cette marque de montre fait une campagne publicitaire avec Daniel Craig, je ne vois pas pourquoi il faudrait en plus introduire dans les dialogues, une ligne spécialement faite pour la marque...Mais bon, bref, on est pas tous Bond, James Bond.




Autre exemple "amusant", que l'on peut trouver dans Demolition Man de Marco Brambilla (1994). Encore dans un contexte futuriste, il y a une scène où le personnage de Sandra Bullock explique à celui de Sylvester Stallone, qu'il y a eu une "guerre" entre les restaurants et que seul la marque Pizza Hut a "survécu" et donc gagné. Il n'y a donc maintenant que des "restaurants" Pizza Hut (qui se font passer pour des vrais restaurants dans le film)! Rien que ça!
Il n'est pas la peine d'épiloguer sur des films comme Sex and the city de Mickaël Patrick King (2008), où vu le nombre de partenariats des marques de luxe avec les actrices, il est "normal" de citer plusieurs marques de luxe sans complexe, en filmant l'héroïne porter les créations de celles-ci.
On peut citer Le Terminal de Steven Spielberg (2004) où les décorateurs ont carrément construit des magasins Starbucks ou Burger King que l'on voit bien entendu, nettement dans le film.
Même Quentin Tarantino a mentionné Sprite et MacDo dans un dialogue de Pulp Fiction (1994), dans une scène où Samuel L.Jackson subit un interrogatoire à un jeune homme.


Le fait est que faire un film coûte cher, parfois très très cher. Introduire des produits de marques dans son film peut beaucoup beaucoup aider. Sachant que poser un produit de la marque sur une table peut apporter jusqu'à 8000 euros ou que si un personnage se sert d'un produit de façon satisfaite peut monter jusqu'à 30 000 euros, on comprend facilement pourquoi les équipes des films acceptent. Surtout qu'en plus de retrouver les produits dans les films, les annonceurs font de la publicité du film (par exemple pour le film Passe-Passe de Tonie Marshall de 2008, une marque de voiture a annoncé le film chez ses concessionnaires). Les scénaristes sont souvent moins contents eux, ce qui a donné une grève notamment aux USA.
En France, il existe une dizaine d'agences de communication qui sont spécialisées dans la vente d'espace de publicité dans les films. C'est une pratique qui a de beaux jours devant elle...


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