Carrie au bal du diable et Carrie 2: la haine

Publié le par £ee£oo

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Carrie est un classique du cinéma fantastique. Ce film de 1976 a été réalisé par Brian De Palma et est adapté du roman du même nom de Stephen King. Carrie, une lycéenne paumée, élevée dans l'ignorance est seule. Elle se découvre un pouvoir de télékinésie, aptitude qui permet de bouger les objets par la pensée. Elle finira par ne plus contrôler ce pouvoir sous l'effet de colère.
Carrie 2 a été réalisé par Katt Shea en 1999. Le film raconte l'histoire de Rachel, demi-soeur de Carrie, qui a une vie semblable à cette dernière.



Brian De Palma a deja réalisé plusieurs films quand Carrie sort sur les écrans. Mais il n'est pas encore très connu. Il a commencé à exploser avec Soeurs de sang en 1973.
Dans le rôle principal, on trouve Sissy Spacek. Elle accède à la consécration avec ce film, car elle sera notamment nominé aux Oscars en 1977, dans la catégorie meilleure actrice, à l'âge de 28 ans. Dans les seconds rôles, on y voit Amy Irving (qui tourne ici son 1er film et qui tournera son suivant Furie avec Brian De Palma également en 1978), Nancy Allen (qu'on peut voir aussi dans Halloween dans John Carpenter en 1979), et Piper Laurie qui joue la mère de Carrie. Celle-ci sera aussi nommée aux Oscars en 1977 pour ce rôle. Elle joue également une mère folle dans Trauma de Dario Argento en 1993.
Côté mecs, John Travolta joue un petit rôle, il est totalement inconnu à l'époque, c'est un de ses 1ers rôles mais ca n'empêchera pas les distributeurs du film en DVD de mettre son nom à côté de Sissy Spacek...William Katt joue le rôle du cavalier de Carrie. Il a surtout fait une "carrière" télé ensuite.

Le film dégage une ambiance très particulière avec un rythme un peu "mou" qui peut déplaire à certains. Les scènes chez Carrie avec sa mère, mettent un peu mal à l'aise dans le sens où on sent qu'il y a quelque de chose de malsain. J'aime cette lenteur qui nous montre peu à peu que Carrie encaisse et encaisse et découvre à côté de cela la vie d'une adolescente "normale", en opposition aux délires religieux de sa mère bigote. En fait, j'aime le paradoxe entre le fait que quand Carrie est chez elle, il y a une ambiance très bizarre, et qu'en dehors, ca peut être des scènes tirés d'un film pour adolescents: querelle de filles, stéréotype de la fille belle et méchante, histoires de garçons...

Le générique du début est d'ailleurs assez singulier. Nous sommes dans les vestiaires des filles, sur fond de musique lyrique à souhait, la caméra se déplace de façon latérale, balayant les filles qui se
changent, se coiffent, tels des nymphes dans un jardin idyllique. Comme si tout cet excès de pureté et de beauté annonçait quelque chose d'horrible.

Le final du film est excellent. Brian De Palma utilise la technique du split screen. C'est-à-dir
e qu'il confronte deux images différentes pour montrer le point de vue de Carrie, et la conséquence de ses actes. C'est un moyen qui n'est plus utilisé aujourd'hui et qui pourtant, peut être efficace quand le réalisateur sait s'en servir. Ainsi, le spectateur est le témoin direct de l'aptitude de Carrie à bouger les objets sans les toucher (détail qui aurait pû être compliqué à transposer à l'écran).

Sissy Spacek est époustouflante, il y a un mélange de candeur, d'agressivité, de timidité, de joie, de haine. Le tout avec justesse, car Carrie passe par différents stades, ne sachant qui elle est vraiment encore.

Il y a beaucoup de références à la religion et au diable, en tout cas est mis en parrallèle par la mère de Carrie: les règles, les flirts, le sexe, le pouvoir de Carrie, la tableau du Christ biasé par le miroire cassé de Carrie, la mère qui meurt crucifiée, un plan qui zoom sur un Christ criblé de flèches et finalement Carrie elle même. D'ailleurs, la dernière scène peut être interprétée de différentes façons: Carrie se suicide-t-elle vraiment? Est-ce le diable qui vient la chercher?
Le rêve fait par le personnage d'Amy Irving fait clairement référence au diable ("Carrie White burns in hell") par opposition à la roble dorée et pure que porte Sue, ainsi que sa démarche angélique.
C'est un film culte dans le genre fantastique, avec une petite touche d'horreur, à voir absolument. Je ne retrouve dans aucun film une atmosphère pareille.

En version bande annonce:

Les + : - Sissy Spacek                            Les - : - la VF?
           
   - la réalisation de De Palma                 - un peu lent
              - le final
              - l'atmosphère malsaine



Passons à Carrie 2: La Haine. Cette suite, qui vient plus de vingt ans après Carrie, s'explique surtout par la mode des slashers remis au goût du jour par Scream, sorti en 1996, de Wes Craven.

Au casting on découvre Emily Bergl qui tient ici son tout 1er rôle. Je dois dire qu'elle est vraiment captivante. Son personnage est beaucoup moins ingnorant, fragile que Carrie m
ais elle est fascinante dans ce personnage rebelle, méfiante, seule. Alors oui, c'est un pe
rsonnage plus actuel (ce qui est logique), et même si elle ne subit pas autant d'humiliations que Carrie, elle n'en a pas moins de souffrances. Séparée jeune de sa mère internée, ayant des parents adoptifs tout sauf aimants, une seule et unique amie qui se suicide, ca fait déjà pas mal de soucis. Le reste des acteurs sont Jason London (stéréotype du beau gosse), Charlotte Ayana (une belle et méchante), rien de notable.

Beaucoup trouvent le film mau
vais. C'est sûr, ce film est complètement différent mais néanmoins je le trouve bien. La réalisation est intéressante; mélange de flashback, de noir et blanc, de flou...Je l'ai trouvé efficace, dans le sens où le spectateur est projetté dans la vie de Rachel et dans son mal être.
Amy Irving retrouve le rôle de Sue. Il y a d'ailleurs plusieurs
scènes flash back du 1er Carrie, plutôt bien placées je trouve.Traumatisée par ce que s'est passé 20 ans plus tôt, Sue voit chez Rachel, les mêmes forces (et faiblesses) que chez Carrie. C'est là qu'on apprendre que Carrie et Rachel ont le même père: Ralph White. Elle tente donc de l'aider. Mais celle-ci refuse, étant attachée à sa mère (comme Carrie finalement) et ne croyant qu'elle (qui lui a bien sûr menti sur la véritable identité de son père). Avec une histoire un peu différente, il arrive à peu près, la même chose à Rachel, qu' à Carrie. La scène de vengeance est différente; ayant un peu de gore et de confrontation directe avec des personnages. Ceci dit, elle est réussie pour moi, mais dans un autre genre. Une fois que Rachel a bien détruit la maison, une barrière de feu se dresse derrière elle, qui symbolise sa haine, sa violence intérieure et extérieure et bien sûr l'enfer. Avec ses talons hauts, elle donne une impression de domination. L'idée du tatouage de Rachel qui se propage sur son visage, son cou et son bras est plutôt réussie visuellement et artistiquement. Cela renforce sa colère qui n'a plus de limites.
Il n'y a pas de références à la religion cette fois (qui reste un sujet tabou tout de même, et de plus en plus finalement), mais à une sorte de puissance, sans doute maléfique. Cela s'explique quand Rachel petite ou ado, dit "laisse-moi" quand son pouvoir se met en marche, où quand sa mère, folle, la croit possédée.

La différence ici avec Carrie, est la notion d'amour qui est évoquée, mais surtout pour satisfaire un certain public.
La réalisatrice Katt Shea avait réalisé 3 long métrages auparavant, dont Fleur de poison en 1992 avec Drew Barrymore. Mais depuis, elle n'a rien réalisé...
Le film n'a pas marché en France, autour de 200 000 entrées mais je ne suis pas sûre que le film ait bénéficié de beaucoup de copies. Je trouve dommage que le film ait subit autant de critiques négatives ceci dit. Je pense que c'est surtout dû au fait qu'ils ont fait cette suite par intérêt commercial et forcément ça n'est pas un bon point pour démarrer.

En version bande annonce:


Les + : - Emily Bergl                              Les - : - les seconds rôles
            - la réalisation originale                         - le côté trop teen movie
            - l'ouverture du film                              
            - la critique de l'élite américaine 

                   
Pour les bandes annonces c'est ici.

Publié dans SF-horreur-fantastique

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