Les films à palme d'or

Publié le par £ee£oo

Je me suis dit qu'un petit passage en revu des films ayant reçu la palme d'or depuis la création du Festival de Cannes serait une bonne idée.

Le festival existant depuis 1946 (avec quelques interruptions suite à des problèmes financiers ou encore à mai 68), il me paraissait impossible de parler de tous les films, surtout que je suis loin d'avoir tout vu et que certains ne m'intéressent pas plus que cela. J'ai donc fait ce qui m'a semblé une sélection des meilleurs films et ceux à découvrir. N'hésitez pas à donner votre opinion sur les films que vous avez vus.





-Le 3e homme, de Carol Reed, 1949, est le 1er film a remporté la palme d'or. Les films présentés depuis 1946 n'avaient en effet remporté que des prix divers. C'est un film policier britannique que je n'ai pas vu. Il est en noir et blanc, Orson Welles (qui joua et réalisa Citizen Kane en 1940) a accepté de jouer dans le film principalement pour des raisons financières, afin de pouvoir réaliser ses propres films.





-Les parapluies de Cherbourg, de Jacques Demy, 1964, fait parti des quelques films français a avoir remporté une palme d'or. C'est une comédie musicale avec Catherine Deneuve qui tourne ici un de ses premiers films. Il est très rare qu'un film musical remporte la palme d'or, Dancer in the Dark de Lars Von Trier (2000) en fait également parti avec aussi Catherine Deneuve.





-Blow Up de Michelangelo Antonioni, 1967 est un thriller avec Vanessa Redgrave (la mère Julia
dans la série Nip Tuck, où encore vue dans Reviens-moi de Joe Wright, 2008). Ce film raconte l'histoire d'un homme qui se rend compte d'un meurtre suite à un développement de ses photos. Brian De Palma (Mission Impossible, 1996) renda d'ailleurs hommage à ce film en réalisant Blow out en 1982 avec John Travolta. L'histoire est sensiblement similaire, mais cette fois ça ne sera pas en lien avec des photos, mais avec le son.




-If de Lindsay Anderson, 1969 est un drame social avec Malcom MacDowell (Orange Mécanique de Stanley Kubrick, 1972) est fait écho aux traces qu'a laissé Mai 68. En effet, le film parle d'un révolte contre le système universitaire. D'ailleurs, le film fût primé l'année suivant Mai 68. Certains pensent que le film est un avant goût d'Orange Mécanique, de par son sujet, sa violence, et l'interprétation de son acteur principal. Le film n'a pas disponible en dvd dans notre zone, ce qui est bien dommage car j'aurais aimé le voir pour me faire une opinion. Après une pétition de quelques milliers de signatures, le dvd a pu sortir aux Etats Unis. sorti en 1992) et en tant que réalisateur!








-M.A.S.H de Robert Altman, 1970, a pour contexte la guerre de Corée mais est totalement déjanté. C'est une comédie, avec notamment Tom Skeritt (Dallas dans Alien, de Ridley Scott, 1979). Un film culte de plus que je n'ai pas encore vu. Le film a bien marché en France (plus de 3 millions d'entrées) et a été nominé 5 fois aux Oscars.







-L'épouvantail de Jerry Schatzberg, 1973 avec Gene Hackman (vu en 1998 dans Ennemis d'Etats de Tony Scott) et Al Pacino qui sort tout juste du succès du Parrain (1972) de Francis Ford Coppola, est un drame.  L'épouvantail met en scène les deux acteurs dans la peau d'auto stoppeurs qui sillonnent la Californie. La méprise d'Alan Bridges a également eu la palme d'or la même année.






-Conversation secrète de Francis Ford Coppola, 1974, avec Gene Hackman est un thriller sur fond de parano. Et oui, avant de remporter sa célèbre palme d'or pour Apocalyse Now en 1979, Francis Ford Coppola livre ici une oeuvre personnelle. Il a écrit le scénario, produit le film en plus de le réaliser. Le film a été nominé 3 fois aux Oscars (meilleur film, scénario et mixage son.)







-Chronique des années de braise de Mohamed Lakhar Hamina, 1975 est un film sur la guerre d'Algérie. Il est très peu connu et traire d'un sujet délicat, il m'a semblé important de le citer. Il n'est d'ailleurs disponible qu'en VHS dans certains vidéo clubs (qui disparaissent petit à petit). On sait peu de choses sur le réalisateur; il n'a réalisé que 4 films dans sa carrière, mais qui étaient apparemment reconnus de la profession, car ses films ont été sélectionnés à plusieurs reprises au festival de Cannes.







-Taxi Driver, de Martin Scorsese, 1976, avec la star montante de l'époque, Robert De Niro est un film culte, qu'on ne présente plus. C'est la 2e collaboration de l'acteur et du réalisateur après Mean Streets en 1973. Par la suite, ils tourneront pas moins de 8 films ensemble! Le film a été nominé 4 fois aux Oscars (meilleur film, acteur, second rôle féminin, musique). Il révèle surtout Jodie Foster qui joue le rôle d'une prostituée et qui avait à l'époque 14 ans.






-Apocalypse Now de Francis Ford Coppola, 1979 est lui aussi, devenu un film incontournable.Il est de notoriété publique que le tournage de ce film fût un véritable cauchemar pour Coppola. 31 millions de $ de budget, 16 mois de tournage, 3 ans pour le montage...sans parler du comportement très limite et peu professionnel de Marlon Brando qui ne facilita pas la tâche, de la crise cardique de Martin Sheen, ou encore l'ouragan qui pertuba le tournage. Coppola, à bout de force, tomba dans une dépression. Le tambour de Volker Schlondorff a également remporté la palme d'or la même année.






-Sous le soleil de Satan de Maurice Pialat, 1987 est le dernier film français à avoir
remporté la palme. Ce drame avec Gérard Depardieu révèle Sandrine Bonnaire, 15 ans à l'époque. Il fût nommé également 7 fois aux Césars dont meilleur film, réalisateur, actrice, acteur, photo. Certains journalistes ont eu la bonne idée de siffler le film, même pendant la remise de prix, le réalisateur ne se gêna pas pour les remettre à leur place.








-Sexe, mensonges et vidéo de Steven Soderbergh (Ocean eleven, 2002 ou Che, 2009), palme d'or 1989, est un drame sur fond de voyeurisme (mais sans scènes de sexe explicite) avec Andie MacDowe
ll (4 mariages et 1 enterrement de Mike Newell, 1994), que l'on voit peu depuis quelques années. L'acteur James Spader (Wolf de Mike Nichols, 1994) a reçu un prix d'interprétation pour son rôle dans ce film. Il a été nominé une fois aux Oscars et aux Césars pour meilleur film étranger.






-Sailor et Lula de David Lynch, 1990 est un road movie, à qui Tueurs Nés d'Oliver Stone, 1994 ou True Romance de Tony Scott, 1993 peuvent faire écho. Le film n'a pas si bien marché que ça en France: le million d'entrées n'est pas atteint. Laura Dern (Jurassic Park de Steven Spielberg, 1993), à l'époque 23 ans, est remarquable dans ce film, c'est dommage qu'on ne la voit pas plus dans des rôles importants depuis plusieurs années. Bien que David Lynch (Mulholland Drive, 2001), n'ait pas souvent présenté des films en compétition à Cannes, il a été président du jury en 2002.






-La leçon de piano de Jane Campion, 1993 est un drame et se distingue par une particularité importante pour moi: depuis la création du festival de Cannes, c'est la seule palme d'or décernée à un oeuvre réalisée par une femme. Holly Hunter (Thirteen de Catherine Hardwicke, 2003) décrocha le prix d'interpréation féminine. Il obtint le césar du meilleur film étranger et bénéficia de 8 nominations aux Oscars et Anna Paquin ( vue dans les X-Men) remporta l'oscar de la meilleur actrice...à l'âge de 12 ans! La palme d'or fût décernée aussi à Adieu ma concubine de Chen Kaige.







-Pulp Fiction de Quentin Tarantino, 1994 est une référence dans le cinéma. Tarantino (Kill Bill 1&2, 2003 et 2004) mélange action, personnages géniaux, humour, dégoût, dialogues décapants, le tout dans une ambiance déjantée. Il présente ici son 2e film à Cannes (après Réservoir Dogs). Le film réalisa presque 3 millions d'entrées en France (le titre québécois du film est Fiction
pulpeuse, ils sont fous ces québécois..;)). Il est intéressant de noter que c'est lui qui a écrit Tueurs Nés d'Oliver Stone en 1994, et de True Romance de Tony Scott en 1993.



-Rosetta de Luc et Jean-Pierre Dardenne, 1999 est un drame social qui permit à Emilie Dequenne (sur qui je donne mon avis ici), 18 ans, de remporter le prix d'interprétation féminine pour son 1er film. Un beau démarrage dans le métier! Severine Caneele remporta également un prix d'interprétation pour son rôle dans l'Humanité de Bruno Dumont. Et là grosse polémique. En effet, Severine Caneele, ouvrière, a été sélectionnée par le réalisateur pour son film et n'étant pas une actrice "professionnelle", arrivée un peu par hasard sur un film, ensuite à Cannes, pour finalement être récompensée, les critiques fusent. A tel point qu'Emilie Dequenne, se sent obligée à l'époque de bien préciser qu'elle n'a rien à voir avec tout cela, qu'elle, est professionnelle et qu'il ne faut pas tout confondre. Depuis, je dirais que j'ai un peu de mal avec cette demoiselle, même si l'erreur de jeunesse peut excuser. En tout cas, Severine Caneele n'a jamais eu beaucoup de propositions ensuite, n'ayant tourné que 3 autres films. Le monde du cinéma est parfois vraiment ridicule.


-Dancer in the Dark de Lars Von Trier, 2000 est un drame social sur fond de comédie musical avec une Björk époustouflante. Lars Von Trier habitué de Cannes, décroche enfin la palme. Réputé dur, avec parfois un comportement étrange, le tournage fût éprouvant, étant souvent en conflit avec son actrice (qui découpa même les costumes et quitta le tournage parce que Von Trier voulait couper des scènes musicales). D'ailleurs, il força en quelque sorte à accepter le rôle, car Björk devait initialement seulement composer la BO. Von Trier lui a dit que si elle ne jouait pas dans le film, il ne le ferait pas. Et par "devoir" envers Selma, Björk se laissa convaincre...Ayez vos mouchoirs pas loin en tout cas.




-Le pianiste de Roman Polanski, 2002, est un film historique sur la situation de la Pologne pendant la seconde guerre mondiale. Sujet très personnel pour Polanski puisqu'il a vécu dans le ghetto de Cracovie et a perdu sa mère dans le camp d'Auschwitz. Le film évoque l'histoire vraie d'un pianiste juif et polonais, qui est adapté d'ailleurs de son livre autobiograhique. Cette grosse production (environ 35 millions de dollars) permet à Polanski de retrouver la reconnaissance, étant terni par des affaires judiciaires. Le film fut nominé 7 fois aux Oscars et permit à Polanski et Adrian Brody de remporter la statuette.





-Elephant de Gus Van Sant, 2003 est un docu/fiction qui évoque le massacre de Columbine aux Etats Unis en 1999. Il est filmé de sorte qu'il y ait un chassé-croisé entre les personnages. Tous les acteurs sont amateurs et inconnus. Le film reste très objectif, il présente des faits en donnant quelques pistes de rélexions mais c'est au spectateur de se faire un avis. Il est très bien fait.








-Fahrenheit 9/11 de Mickaël Moore, 2004 est un documentaire sur George W.Bush. C'est pour moi une énigme que ce film ait eu la palme d'or. Le sujet de base est intéressant mais la façon dont il est traité est assez gonflant. On a l'impression que le but de Moore est de descendre coûte que coûte, sans analyser, sans s'appuyer sur des faits le président des Etats-Unis de l'époque. Ce qui fait qu'au final on décroche. Autant Bowling for Columbine (2002) était très efficace, autant celui-là n'a aucun intérêt. Avec l'élection d'Obama, Moore ne pourra plus vraiment utiliser son "impertinence".







-L'enfant des frères Dardennes, 2005 est leur 2e palme d'or. C'est un drame social sur un jeune c
ouple paumé qui ont un enfant. Déborah François (qui a obtenu en 2008 le césar du meilleur espoir féminin pour Le 1er jour du reste de ta vie de Rémi Bezançon) joue ici son 1er rôle.










-Le vent se lève de Ken Loach, 2006 est un film sur le combat pour l'indépendance de l'Irland
e. Une des palmes d'or que j'aimerais voir. Le film a réalisé presque un million d'entrées en France ce qui est un score tout à fait honorable pour un tel film.












-4 mois, 3 semaines et 2 jours de Christian Mungiu, 2007 est un film roumain sur l'avortement, qui é
tait interdit là bas de 1966 à 1989. C'est le 5e film du réalisateur. Encore une autre palme que j'aimerais voir. Le film a bien évidemment, suscité la colère du Vatican.




-Entre les murs de Laurent Cantet, 2008 est un docu/fiction sur une classe de 4e dans la banlieue parisienne. Le film est adapté du livre de François Bégaudeau qui joue aussi dedans (on oublie trop souvent de dire qu'il a aussi été le chanteur et auteur des chansons du groupe punk les Zabriskie Point). Ce film a été un vrai bonheur pour la classe de 4e qui a été filmée (d'ailleurs la mère d'un des élèves a été régularisée comme par enchantement suite à la palme d'or). Là encore je dois dire que c'est une palme que je ne comprends pas. Autant la démarche est intéressante, autant le film est pour moi assez vide. On sent François Bégaudeau assez mal à l'aise, certains élèves restent assez naturels, d'autres retransmettent plutôt mal l'attitude d'un élève (le but de toute façon n'est pas de jouer la comédie). Et sinon...il ne se passe pas grand chose d'intéressant, le film ne propose rien en fait. Alors je comprends qu'on veuille juste montrer brut de pomme le vécu d'une classe. Mais quand il n'y a, au final, pas d'intérêt, ça reste inutile quand même.




-Le Ruban blanc de Mickäel Haneke, 2009, est un film en noir et blanc ayant comme contexte un village de l'Allemagne du Nord pendant la 1ère guerre mondiale. Le film sort en France le 21 octobre prochain. Palme assez constestée dans le sens où sachant Isabelle Huppet (président du jury 2009), liée à Mickaël Haneke (grâce à qui elle a pu avoir le prix d'interprétation féminine en 2001 pour La Pianiste), on se demande si ce n'est pas elle qui a limite imposé la palme. Ceci dit, ca n'empêche en rien la possible qualité du film, Haneke étant un réalisateur autrichien créant des oeuvres variées comme par exemple Funny Games, 1998 et auto remake en 2008, Caché en 2005.


Voilà pour ce rapide tour d'horizon. Force est de constater que de très différents films ont été récompensés, dû au fait que tous les ans le président du jury et les jury changent.

La grande qualité du festival de Cannes, et plus particulièrement de Gille Jacob, le président, est de sélectionner des films différents dans le genre, mais aussi pas forcément "populaires" et politiquement correct.
Le grand défaut du festival de Cannes selon moi, ce sont les comportements de certains journalistes qui se permettent de siffler un film. C'est une pratique assez courante. On l'a vu pour le film de Maurice Pialat en 1987, Le Grand Bleu de Luc Besson en 1988, et plus récemment avec Irréversible de Gaspard Noé en 2002, qui s'est fait littéralement insulté, en raison de certains scènes du film très dures. Cette année, c'est Lars Von Trier avec Antichrist qui a finit par quitter la salle, à cause de sifflements. Un journaliste, pendant la conférence de presse a même exigé des explications de la part du réalisateur. Heureusement, Charlotte Gainsbourg a remporté le prix d'interprétation...A tous ces journalistes et spectateurs qui ont déjà le privilège d'assister à une projection cannoise, respectez un peu le travail d'un cinéaste. Vous avez le droit de ne pas aimer, mais insulter, siffler n'est pas tolérant et ne se justifie pas. Chaque cinéaste doit pouvoir montrer ce qu'il veut, comme il veut, sans craindre de susciter de telles réactions primaires. C'était mon coup de gueule.

7 réalisateurs français ont remporté la palme d'or, depuis la création du festival, sachant que certains films ont une double nationalité. Mais cela fait plus de 20 ans qu'un film français ne l'a pas remporté.

Le festival de Cannes n'est pas accessible au public. Seuls les cinémas (même un tout petit cinéma), peuvent obtenir des accréditations (il me semble que c'est 2 maximum) pour y aller. Ensuite, une carte est remise, et à chaque fois que la personne va voir un film, elle obtient des points. Le nombre de points par film est différent, mais la personne ne sait pas combien de points elle gagne à chaque passage. Ces points permettent notamment de pouvoir monter les marches le soir (mais il en faut beaucoup!), mais bien sûr en ne faisant pas le même trajet exact que les stars, et pas en même temps qu'elles. Il y a énormément de monde à ce festival, et il est très compliqué de pouvoir avoir de la place, par conséquent il est déjà bien d'avoir vu 3 films dans la journée.

 
Pour les bandes annonces c'est ici.

Publié dans Vie du cinéma

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